Créer un monde est une tâche semée d’embûches et toute une aventure pour les éléments et les plantes chargées d’y apporter la vie. Dans ce film d’animation aux images époustouflantes, on assiste au retour de la végétation sur une terre dévastée, grâce à la ténacité de minuscules graines.
PLANETES de Momoko Seto. France/Belgique, 2024, 1h15. Film d’animation. Festival de Cannes 2025, sélection Semaine de la critique. Festival d’Annecy 2025, compétition officielle. Film tout public à partir de 6 ans.
Critique de Magali Van Reeth, SIGNIS France
Quoi de plus ordinaire qu’un pissenlit ? Cette petite fleur jaune pousse spontanément dans les pelouses des villes et les talus de la campagne d’Europe. Les fleurs produisent une magnifique boule blanche et soyeuse, parfaitement sphérique, contenant des dizaines d’akènes que les enfants aiment disperser en soufflant dessus. C’est en suivant le parcours de 4 de ces akènes que la réalisatrice raconte la création d’un nouveau monde.

Dans cet univers où même les plus petites plantes peuvent devenir des monstres pour de minuscules graines, on suit les 4 akènes de pissenlit à la recherche d’un endroit où se planter pour se reproduire. Le voyage commence après une explosion nucléaire qui détruit une planète. La suite est une aventure avec ses périls et ses émerveillements. Ballottées par les vents, transportées par des inconnus, poussées par des courants, les akènes cherchent où s’enraciner.
Dans ce film, seules les akènes de pissenlit ont été conçu par ordinateur, tout le reste est filmé et chaque plante est réelle. Filmer la pousse des champignons ou le déplacement des limaces demande une grande patience et beaucoup d’adaptation au monde végétal et animal. Le développement des pleurotes, comme la naissance des têtards, est montré en accéléré à l’écran et l’image est superposée sur un fond naturel (glacier, forêt tropicale, désert). Visuellement, le film est aussi étonnant qu’impressionnant. Momoko Seto nous offre un monde à contempler.

Dans un récit tout en tension, la bande-son et la musique (de Nicolas Becker et Quentin Sirjacq) orchestrent cette chorégraphie des graines de pissenlit dans le chaos de la création d’un monde. Du souffle brûlant du vent apocalyptique à la fonte des glaces, en passant par des marécages forcément dangereux, les rencontres sont ponctuées d’une musique qui fait dialogue.
Tourné avec les conseils de nombreux scientifiques, Planètes montre l’arrivée de la vie végétale sur terre et célèbre le vivant, même lorsqu’il est infiniment petit. Un très beau moment de cinéma, tout public.
Magali Van Reeth

