MédiasLes Chroniques CinémaLE CHANT DES FORETS de Vincent Munier

LE CHANT DES FORETS de Vincent Munier

En compagnie de son père et de son fils, le réalisateur filme leur passion commune pour l’observation de la faune sauvage dans les forêts d’Europe. Comme un long poème sylvestre nous appelant à l’émerveillement.

LE CHANT DES FORETS de Vincent Munier. France, 2025, 1h33. Documentaire

Critique de Magali Van Reeth, SIGNIS France

Les premières images montrent la brume s’échappant lentement d’une épaisse forêt, il faut sombre, c’est l’aurore ou le crépuscule, peu importe, on dirait le souffle des arbres. La bande son de ce documentaire, outre la musique de Warren Ellis, est faite des craquements de la forêt, des pas sonores des grands mammifères, du sifflement des oiseaux, de frottements furtifs. Que perturbent parfois le ronronnement mécanique des moteurs d’avions traversant le ciel.

Si Vincent Munier est connu et reconnu pour être un photographe animalier, il a voulu centrer ce film sur la transmission d’une passion : l’observation silencieuse, patiente et émerveillée du monde des forêts. En compagnie de son père lorsqu’il était enfant, avec son fils désormais. Trois générations de Munier partent à l’affût dans les forêts moussues et profondes des Vosges et du Jura. Des nuits à ne pas bouger dans le froid dans l’espoir d’apercevoir un chevreuil, un renard ou des chouettes. A se désoler de ne plus voir le grand tétras, parti plus au Nord chercher les grands froids.

On verra peu dans ce documentaire les animaux que traquent avec patience le réalisateur, en compagnie de son père et de son fils. Comme le titre l’indique, c’est la forêt qui est au cœur du film et dont les bruits, les mystères et la splendeur sont célébrés par une très belle photo. Face aux grands documentaires animaliers, on est ici dans une observation quotidienne et de voisinage, où les animaux sont vraiment sauvages, modestes comme un petit oiseau, et se laissent furtivement apercevoir.

Magali Van Reeth

Latest

More articles