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LE GARCON QUI FAISAIT DANSER LES COLLINES de Georgi Unkovski

Dans un petit village d’Europe du sud, bien à l’écart des bruit du monde moderne, deux adolescents épris de musique tentent de faire accepter leur désir de liberté dans une société très traditionnelle. Sur un thème classique, un récit original porté par une musique qui ne l’est pas, et de superbes images.

LE GARCON QUI FAISAIT DANSER LES COLLINES de Georgi M Unkovski. Madédoine/Tchéquie/Serbie/Croatie, 2025, 1h39. Avec Arif Jakup, Agush Agushev, Dora Akan Zlatanova, Aksel Mehmet, Selpin Kerim, Atila Klince. Sélection Rencontres du sud 2026.

Critique de Magali Van Reeth, SIGNIS France

L’action se déroule dans le nord de la Macédoine, dans un village rural et isolé, habité par la minorité ethnique turque des Yuruk, et rythmé par les appels à la prière du minaret. Dans la première scène, Ahmet est soudain retiré du lycée. Entre un troupeau de brebis, la récolte du tabac et la vente de fromage, son père a besoin de lui. Bien qu’Ahmet soit très respectueux des décisions de son père, il souffre de cette nouvelle vie, notamment à cause du manque de connexion internet dans ce village , qui l’empêche d’écouter de la musique sur son téléphone portable. En accompagnant le troupeau de brebis, Ahmet va rencontrer Aya, sa belle robe rouge et son groupe de danse préparant une chorégraphie pour la prochaine fête du village.

Comme dans une tragédie grecque ou une pièce de Shakespeare, la mise en scène est rythmée par un chœur de femmes. Elles sont regroupées sous un grand arbre au milieu d’une prairie et filmées en plan large, où la caméra reste très à distance du groupe. Seul leur bavardage nous parvient, donnant quelques indices sur ce qui s’est passé, ou ce qui va se passer. Et ces commères sont plus indulgentes dans leurs jugements que les hommes du village. Grâce à elles, on comprend que le deuil est présent dans la famille d’Ahmet, expliquant sans doute le mutisme de Naim, le petit frère, et la dureté du père.

Le film est porté par de très jeunes acteurs qui jouent avec naturel, sans forcer leurs expressions. L’implication des comédiens adultes est tout aussi convaincante, que ce soit le père d’Ahmet, enfermé par son travail et son chagrin, l’imam du village, dépassé lui-aussi par la modernité qui frappe aussi à la porte de la mosquée, ou le père d’Aya, celui qui a fait fortune à l’étranger. La bande son tonitruante de Pavel Jan et musique de Alen et Nenad Sinkauz, comme l’humour, souligne le contraste entre la tradition des pères et les désirs d’ouverture des enfants.

Dans ce village patriarcal, Ahmet et Aya sont les représentants d’un avenir qui frappe à la porte de cette région reculée, baignée dans l’immensité des paysages immémoriaux. Dans ce monde qui vient, les rythmes de l’EDM (Electronic Dance Music) font vibrer la forêt tout en ulcérant les plus conservateurs. Comme un homme nouveau, choisissant de se mettre en danger pour donner une chance à celle qu’il aime, Ahmet trouve un chemin de libération. Après les catastrophes déclenchées, la brebis égarée rejoint le troupeau et la famille retrouve son harmonie.

Le titre international du film est DJ Ahmet

Magali Van Reeth

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