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LAGUNA de Sharunas Bartas

Le nouveau film du cinéaste lituanien Sharunas Bartas raconte un touchant travail de deuil après un décès dévastateur, celui de sa fille aînée Ina Marija, dans un film intense en réflexions sur la vie, la mort et la nature. Ce documentaire est un acte de courage qui transforme le deuil en œuvre d’art.

LAGUNA de Sharunas Bartas. France/Lituanie. 2025. 1h42. Mostra de Venise 2025, section Giornate degli autori. Avec Sharunas Bartas, Ina Marija Bartaité, Una Marija Bartaité, Bryan Ordonez.

    Critique de Philippe Cabrol, SIGNIS France.

    Le cinéma peut être un outil puissant pour exprimer certaines émotions et expériences. Dans le cas de Laguna , Bartas adhère pleinement à la conviction que l’art peut être libérateur, et qu’il y a un réconfort émotionnel et psychologique à parler de telles situations douloureuses et dramatiques.

      Tout au long du documentaire, le thème de la mort est omniprésent, mais ce n’est que vers la fin qu’il est exprimé par des mots. Entre larmes et réflexions sur la vie après la mort, une vérité bouleversante est développée : la douleur de la fin n’efface pas la grâce connue; au contraire, elle la rend plus précieuse encore. La mort n’est pas une simple absence, mais une trace vivante qui perdure en ceux qui restent.

        À la fois document culturel, voyage mémoriel et rituel, le film offre des paysages époustouflants et s’immerge dans la culture locale et les traditions, faisant de Laguna un hommage autant à ces communautés indigènes qu’un récit de cheminement vers la guérison. Photographie et lumière sont magnifiques.

        Œuvre sur la perte, invitation au voyage et à la méditation, Bartas nous fait partager pour guérir nos propres blessures passées et à venir par l’expérience de la beauté. Le réalisateur semble suggérer que le deuil ne détruit pas la vie, mais la transfigure. Chaque fin, comme nous l’enseigne la nature, porte en elle la possibilité d’une renaissance.

         »En tant qu’homme et en tant que réalisateur, je pourrais diviser ma vie en deux parties. La première : avant de perdre ma fille bien-aimée. La seconde : après son décès » a déclaré le réalisateur. De tels films sont rares au cinéma. Bartas réalise un film d’une grande spiritualité où l’art du Beau et le travail de deuil s’entremêlent dans un espace et une page hors du temps, filmée comme un instant d’éternité.

        Philippe Cabrol

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