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VOL DE NUIT POUR LOS ANGELES de John Travolta

John Travolta avait 8 ans en 1962 lorsqu’il prit l’avion pour la première fois. Ce fut une révélation et le début d’une passion pour l’aviation qu’il voulut transmettre à son fils Jett. En 1997, il prit la plume pour en faire un récit en partie autobiographique. Et presque trente ans plus tard, le livre pour enfant devient un moyen-métrage d’une heure pile, où réalisme et fantaisie redoublent de naïveté et de sincérité.

VOL DE NUIT POUR LOS ANGELES de John Travolta. Etats-Unis, 2026, 1h00. Avec Clark Shotwell, Kelly Eviston-Quinnett, Olga Hoffmann. Festival de Cannes 2026, sélection officielle.

Critique d’Anne Le Cor, SIGNIS France

Vol de nuit pour Los Angeles est un conte américain moderne. Le ciel est le royaume du petit prince et les avions ses carrosses. Les pilotes dans leurs beaux uniformes ont remplacé les chevaliers en armure et la reine-mère est une actrice sans le sou qui rêve de se trouver un riche mari. Quant aux hôtesses de l’air, ce sont les charmantes servantes qui répondent à tous les désirs avec le sourire, telles des Cendrillons en goguette, attendant le prince charmant. 

Pour le jeune garçon, héros de ce conte, la compagnie aérienne TWA et le constructeur Lockheed riment avec féerie. Tout est coloré et acidulé à l’image d’une Amérique des années 1960 idolâtrée où le rêve américain se résume à voyager en première classe. Travolta dépeint cette époque révolue où tout est blanc, propre et riche avec un mélange de réalisme et de ravissement. Comme le jeune Jeff, nous découvrons les avions et les aéroports d’alors, qui sont recréés avec la minutie des images d’antan, propres aux souvenirs d’enfance.

Si c’est le jeune Clark Shotwell qui prête ses grands yeux émerveillés au personnage de Jeff, c’est bien la voix de John Travolta que l’on entend raconter cette histoire. Il est omniprésent au générique et coche les cases d’acteur, réalisateur, producteur et scénariste. Il fait en outre tourner sa famille et l’on retrouve sa fille Ella Bleu dans le rôle de l’hôtesse de l’air Doris, dont la gentillesse subjugue Jeff.

John Travolta insiste sur le côté humain du récit avec une myriade de personnages qui se croisent dans la cabine feutrée d’un avion et font de cet endroit étroit et clos un lieu d’immersion émotionnelle. La nuit omniprésente vient renforcer l’expérience intimiste. Les charmantes péripéties qui accompagnent ce vol magique et initiatique au cœur de l’âge d’or de l’aviation ne crèvent jamais la bulle d’enfance dans laquelle nous sommes maintenus captifs.

Pour sa première réalisation, John Travolta livre un film très personnel et plein de nostalgie. En nous transportant dans ce moyen-métrage comme hors du temps, il nous fait vivre son rêve éveillé et partage l’idée de complicité familiale à la ville comme à l’écran. La réalisation resserrée et l’esthétique soignée font de Vol de nuit pour Los Angeles un film qui privilégie l’ambiance sur l’action et qu’il ne faut pas trop prendre au sérieux, mais regarder avec des yeux d’enfant.

Anne Le Cor

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