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MA FAMILLE DE SAMOURAIS de Celia Catunda

Dans des sociétés de plus en plus multiculturelles, comment les enfants gardent le lien avec la langue et les traditions de leurs parents ou grands-parents ? Ce très joli film d’animation en montre la complexité et les richesses.

MA FAMILLE DE SAMOURAIS de Celia Catunda. Brésil/Japon. 2025, 1h24 Film d’animation, à partir de 8 ans. Festival international du film d’animation d’Annecy 2025, sélection officielle.

Critique de Magali Van Reeth, SIGNIS France

Le récit se déroule dans les années 1980 à Sao Paolo au Brésil où Noboru, un jeune écolier, doit faire un exposé sur ses origines. Il sait que sa famille vient du Japon mais ne sait ni pourquoi ni comment. Avec ses copains de classe, ils décident d’interroger leurs grands-pères. Mais Hideo, celui de Noboru, est assez revêche lorsqu’il s’agit de parler du passé.

La réalisatrice Celia Catunda s’est inspirée du roman d’Oscar Nakasato, Nihenjon (2011). Dans les années 1920, une très importante communauté japonaise est arrivée au Brésil, pour travailler dans les plantations de café. Ma Famille de Samouraïs, à travers les questions de Noboru retrace cette époque, la dureté des contremaîtres et du travail, la solidarité de la communauté japonaise. Mais aussi, déjà, les tiraillements de la deuxième génération se revendiquant Brésiliens à part entière et refusant de rester coincée dans une seule culture.

Pour le grand-père, il faut à tout prix préserver l’héritage de ses origines, et son caractère revêche vient sans doute de cette impossibilité. Pour Noboru, plus proche de ses copains de classe et ne parlant que la langue du pays, cette crispation est une interrogation. Il faudra beaucoup de patience de part et d’autre pour que la transmission se fasse.

Le graphisme de ce film est splendide. Des couleurs vives et de la peinture tantôt épaisse comme dans les très belles scènes de la traversée des océans, tantôt plus transparente pour le quotidien des enfants. La mise en scène utilise le principe du fondu enchaîné pour glisser d’une époque à une autre, les questions des enfants permettant aux plus jeune spectateurs de suivre le fil de l’histoire. Celia Catunda trouve le ton juste pour parler des conséquences de l’immigration sur les enfants, où qu’ils soient dans le monde. A travers la beauté des images, c’est la beauté de ces parcours de vie, universels, qui est mis en avant. Jusqu’au générique de fin où les peintures d’Oscar Oiwa prolonge délicieusement le film.

Magali Van Reeth

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