En 1955, Alger est encore une colonie de la France. Un groupe d’enfants joue dans l’insouciance de leur âge, avant d’être confronté aux prémices de la guerre d’indépendance. Un récit d’aventures célébrant le vivre ensemble, porté par un graphisme lumineux.
PETITE CASBAH d’Antoine Colomb. France, 2026, 1h24. Film d’animation, à partir de 8 ans.
Critique de Magali Van Reeth, SIGNIS France
Dessinée avec précisions d’aprés des documents d’archives et des photographies d’époque, la casbah, cœur historique et populaire d’Alger, est le centre de ce récit d’aventures. Avec en toile de fond, les tensions politiques et sociales, et les amitiés et disputes d’un groupe d’enfants. La casbah est sillonnée de ruelles tortueuses où il est facile de se perdre et de se cacher en sautant de toit en toit.

Rachida arrive d’un village de la campagne et vient de rejoindre son grand frère, afin de pouvoir aller à l’école. Elle rencontre vite un enfant des rues, petit cireur malin qui connaît tout d’Alger. Il y aussi un enfant juif, un musulman et un fils de colon dont le père est policier. Alors que tous rêvent du prochain match de boxe, la disparition du frère de Rachida va les mener sur une enquête, dont les découvertes vont leur permettre de mieux saisir la situation politique qu’ils ignoraient jusqu’alors. Loin de tout manichéisme, le scénario de Petite Casbah montre la complexité de chaque personnage, adulte ou enfant, on a toujours le choix de la bienveillance et de la réconciliation.
Le graphisme du film met toujours en avant la luminosité somptueuse d’Alger, entre la blancheur de la ville et le bleu étincelant de la Méditerranée, comme un signe d’espérance dans ce récit où les enfants pourront se réconcilier. Ils ne savent pas que l’avenir sera plus sombre avec l’éclatement de la guerre d’indépendance mais au moins ils auront vécu un véritable épisode fraternel.
Magali Van Reeth

