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LA BATAILLE DE GAULLE : L’AGE DE FER de Antonin Baudry

Ce film historique suit le parcours du général de Gaulle entre juin 1940, lorsque le gouvernement français capitule devant l’invasion allemande, et 1942 lorsque les Etats-Unis entrent en guerre pour soutenir les alliés contre le fascisme. Au-delà de la rigueur historique, un récit séduisant mis en scène avec panache.

LA BATAILLE DE GAULLE : L’AGE DE FER d’Antonin Baudry. France, 20256 2h40. Avec Simon Abkarian, Simon Russell Beale, Mathieu Kassovitz, Anamaria Vartolomei, Florent Lesieur, Benoît Magimel.

Critique de Magali Van Reeth, SIGNIS France

Le réalisateur Antonin Baudry s’appuie sur une distribution prestigieuse et internationale, à commencer par Simon Abkarian. Il donne à son personnage la sature carrée du général de Gaulle, sa froide détermination cachant un brin de folie qui aurait pu tourner au désastre. Winston Churchill, un homme engoncé dans un corps trop chargé mais dont l’esprit reste vif, est interprété par Simon Russel Beale, formidable acteur britannique. Leurs nombreuses confrontations où la défiance se mêle sans cesse à l’admiration sont savoureuses. On retrouve Benoît Magimel dans le rôle du général Koening, tenant la poche de Bir Hakeim à la tête de la Légion étrangère, noyé dans un espace désertique, quintessence de l’absurdité de certaines batailles. Au milieu d’autres acteurs célèbres, comme Mathieu Kassovitz, Karim Leklou ou Anamaria Vartolomei, on découvre Florian Lesieur qui joue un jeune résistant, dont la fraîcheur et les hésitations font, pour le récit, un pendant à l’engagement frontal de de Gaulle.

Il y a du grand spectacle avec ce qu’il faut d’explosions (temps de guerre oblige), de cérémonies militaires, de manifestations, les avancées technologiques permettant de superbes reconstitutions au cinéma. La bataille de Bir Hakeim est fascinante : le décor où le vide du désert est parsemé de pièges, les fortifications creusées dans le sol, les uniformes et les visages des soldats qui ont pris la teinte du sable, les tactiques militaires, les blessés, d’émouvantes et brèves funérailles improvisées et les gestes héroïques avant la joie des survivants, qu’on partage alors parce que c’est du cinéma qui nous emporte.

Antonin Baudry introduit comme en parallèle au grand homme, le personnage de Fernand. C’est un jeune lycéen dévasté par l’arrivée des soldats allemands et ne sachant comment agir. A travers lui, resté en France alors que de Gaulle s’est exilé en Grande-Bretagne, on voit quelques scènes de Paris sous l’occupation, des arrestations après une manifestation, une première relation amoureuse. Un bel hommage à ces très jeunes gens, filles ou garçons bravant le danger pour le bien commun.

La Bataille de Gaulle est l’histoire d’un homme convaincu d’avoir raison contre tous, et à qui la grande Histoire a donné raison. Concours de circonstance, déterminisme, chance, prestance, passion, tout a joué en sa faveur. Car il était lui-même partisan de sa propre histoire, un homme de foi dans son destin, de convictions. Il ne voulait pas être un héros, il voulait juste modifier le cours des événements et il y croyait tant qu’il a réussi. Ce qui n’empêche pas le doute, la résignation ou la colère lorsque son plan ne fonctionne pas comme il aimerait. De Gaulle, avant de devenir célèbre et adulé, a connu de nombreuses rebuffades, des humiliations.

Tout au long du récit, Antonin Baudry montre aussi le courage de ceux qui l’ont suivi, notamment ces marins pêcheurs qui ne parlaient même pas Français, ces soldats ou ces résistants de tout âge et venant de milieux si différents, qui ont surmonté leur peur car, pour eux, la liberté avait plus de prix que leur propre vie.

La Deuxième guerre mondiale qui a ravagé le territoire européen, a aussi eu des répercussions dans le reste du monde, en Afrique avec l’amorce de la décolonisation, en Asie avec la capitulation du Japon. Elle a aussi montré que si une alliance internationale a pu naître autour d’un ennemi commun, le fascisme, tous les participants de cette alliance n’avaient pas la même idée de la victoire, ni de ses conséquences. Le 21° siècle s’est construit sur ces soubresauts, pour le meilleur comme pour le pire. Le film a ainsi une résonance très forte avec l’actualité.

Cette fresque historique est en deux parties, la seconde ayant pour titre La Bataille de Gaulle, J’écris ton nom aussi réalisé par Antonin Baudry.

Magali Van Reeth

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